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Une huitième de légende...
2005-2006

De tous les titres remportés par les Dragons rouennais, celui obtenu lors de cette édition 2005-2006 de la Ligue Magnus restera dans les annales comme l'un des plus aboutis tant les normands auront eu la mainmise sur le championnat tout au long de la saison. Si certains pourront toujours vilipender le manque d'intérêt de la compétition ou souligner, acariâtres, la disproportion de l'escouade jaune et noire, il n'en reste pas moins que les chiffres parleront d'eux-mêmes avec un bilan normand constitué de 34 victoires pour un match nul en 35 parties jouées, 198 buts marqués pour 62 buts encaissés. Une huitième Coupe Magnus qui tombera dans l'escarcelle du Dragon le soir d'un 7 avril 2006, au terme d'une série finale remportée trois victoires à zéro dans l'antre des Gothiques d'Amiens. Pour autant, avant que les supporters rouennais présents au Coliséum d'Amiens ne puissent applaudir leur capitaine Daniel Carlsson brandissant la Coupe Magnus, la route aura été longue pour le Dragon à commencer par l'intersaison où il aura fallu bâtir ce qui sera l'équipe championne de France 2007.

Un casting sans fausse note… « Dans l'ensemble, je suis relativement content : nous remportons la Coupe de France, nous terminons premier de la saison régulière avec une équipe modifiée durant l'année. Après sur les play-offs, en finissant premiers, nous tombons sur Amiens où on aurait pu espérer un adversaire moins coriace. Nous avons perdu trop d'énergie durant ses quarts de finale. Finalement, nous parvenons à passer et là, on joue contre le quatrième, Mulhouse qui n'était pas forcément une chance non plus. Lorsque l'on regarde l'équipe alignée face à Mulhouse, il était criant que nous manquions d'effectif après avoir perdu les joueurs qui mettaient les palets au fond toute la saison. Nous avons réussi à capitaliser cette saison avec nos jeunes, on a progressé de ce coté là. Ensuite, extra sportivement, le bilan est également satisfaisant. Avec une moyenne de spectateurs en forte hausse tout comme le sponsoring, je pense que l'on peut porter un regard positif sur le bilan du Rouen Hockey Elite 76, cette année. » Apportait en guise de conclusion à la saison 2004-2005, Thierry Chaix, le Président du Rouen Hockey Elite 76 avant d'envisager la prochaine saison « Avec l'année dernière, je peux accepter nos résultats et cette demi-finale perdue dans la mesure où nous étions dans une phase de reconstruction, nous voulions capitaliser le travail fourni avec la jeune durant la saison 2003-2004. Nous avons évolué avec une équipe jeune à laquelle nous avons fait confiance y compris après le départ de Doucet ou les diverses blessures subies sur la saison. En revanche, l'année prochaine, j'attends que nous soyons meilleurs. Le titre sera l'objectif ! » martelait Thierry Chaix à l'orée de la nouvelle cuvée du Dragon.

Et pour satisfaire aux objectifs clairement annoncés, c'est par son portier que le Dragon entamera sa campagne de recrutement 2005-2006. Celui qui avait écoeuré par son talent et ses arrêts la bombarde offensive rouennaise un soir d'octobre 2004, Ramon Sopko, rejoignait l'effectif rouennais. Dès lors, le gardien du temple adoubé sous la tunique jaune et noire, le recrutement rouennais pouvait se poursuivre. Défensivement avec les resignatures de Daniel Carlsson, Nicolas Besch, Simon Doreille conjuguées aux arrivées de l'expérimenté Daniel Sedlak d'Anglet et des finlandais Vesa Ponto en provenance de l'exotique club d'Halla Winia en Asie et Sami-Ville Salomaa du club norvégien de Frisk Asker. Pour compléter la brigade défensive rouennaise qui perdait à l'intersaison quelques uns de ses éléments (Jonas Elofsson, Benoît Pourtanel, Benoît Quessandier et Stéphane Robitaille), le staff enrôlait le tchèque Jan Mikel du club de Brno, entrevu déjà à Brest au cours de la saison 2003-2004.

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A l'avant-garde jaune et noire, les départs de Guillaume Besse, Ludek Broz, Jean-Philippe Paré, Sami Karjalainen et la retraite du monstre sacré Arnaud Briand, avaient laissé l'offensive rouennaise orpheline de plusieurs de ses éléments. Pour autant, l'artillerie 2005-2006 sera loin d'être dénuée d'intérêt. En effet, avec le retour sous le maillot rouennais des désormais incontournables Tristan Lemoine, Alexandre Lefebvre, Pierre-Edouard Bellemare et Kimmo Salminen, le duo d'entraîneurs rouennais Franck Pajonkowki et Guy Fournier y adjoindront de solides candidats à commencer par l'arrivée du meilleur buteur du précédent exercice Julien Desrosiers en provenance de Briançon « Rouen a toujours été une grosse équipe intéressante. Guy Fournier me voulait énormément et me l'a fait sentir. C'est pour cela que j'ai voulu venir ici, Rouen me voulait et je me suis tourné vers l'équipe qui me désirait le plus » et du champion de France en titre, Olivier Coqueux, le centre mulhousien, bagarreur impénitent des bandes qui n'aura de cesse tout au long de la saison de mettre en valeur ses qualités de combativité. Si le recrutement rouennais dessinait quelques rayons de soleil déjà bien radieux, la construction de ce

qui deviendra la ligne « Air Canada » apportait une touche chatoyante à la formation rouennaise.C'est ainsi que le centre Carl Mallette, drafté par les Trashers d'Atlanta au quatrième tour en 2000, était le premier à rejoindre le camp Dragon. Dans un championnat nord-américain décimé par la grève de la Ligue Nationale, le 19 rouennais se taillera la part du lion en East Coast Hockey League en amassant une fiche de 80 points en 64 matchs terminant dauphin au classement des compteurs de Scott Gomez, l'habituel pensionnaire des New Jersey Devils en NHL. Un bien joli coup pour les Dragons qui provoquait par ricochet l'arrivée d'Eric Fortier en provenance des Reading Royals où il cumula une fiche de 53 points en 72 matchs et celle de Marc-André Thinel véritable enchanteur offensif issu des Bulldogs d'Hamilton, club-ferme des Canadiens de Montréal. Avec 203 matchs en Ligue Américaine et de solides statistiques, il devenait évident que celui qui portera le numéro 24 sous la tunique jaune et noire, sera l'une des attractions de la saison haut-normande.

« Nous avons voulu amener du poids et du gabarit à notre équipe. Nous voulions des guerriers et des joueurs de play-offs. Nous aurons sans doute une équipe un peu moins technique mais certainement plus physique. Reste plus qu'à débuter la saison pour voir ce que ça donnera. » Concluait Thierry Chaix à la fin une intersaison rouennaise tout de même agitée marquée par quelques tensions marquées avec les instances fédérales.

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Une intersaison mouvementée... Pointant violemment du doigt le club de Rouen pour dépassement de la masse salariale et non communication de certains documents comptables, le menaçant de lourdes sanctions financières et sportives et son Président de radiation, c'est un communiqué de presse de la Fédération Française des Sports de Glace qui provoquait l'ire du Dragon. Arguant un bilan sain et une politique sportive viable économiquement et tournée vers la formation, Rouen défendait son dossier et les mois de mai et juin passaient sous un ciel orageux sur les bords de Seine jusqu'à ce que le dossier rouennais ne soit éclipsé par d'autres affaires beaucoup plus tumultueuses. En effet, si Rouen sera placé sous recrutement contrôlé par la Commission de Contrôle et de Gestion (CNACG) « Que les choses soient claires : la CNACG est une commission jeune qui apprend, progresse tous les jours. Paris ne s'est pas en fait en jour et il faut lui laisser le temps de progresser et lui donner les moyens de le faire. En revanche, il ne faut pas qu'ils se trompent de cible. A partir du moment où un club comme Rouen colle à son budget sans se mettre en péril, je ne vois pas où est le problème.

Ce n'est ni plus ni moins, une nouvelle procédure mise en place par le biais de l'obtention des licences pour contrôler la masse salariale avant le début du championnat...Je le répète une nouvelle fois, je suis contre le principe de « salary cap » en revanche, j'accepte le principe que l'on contrôle les comptes des clubs avant le début de saison. C'est une mesure indéniablement positive de contrôler les contrats avant le début de saison. Si tel avait été le cas la saison dernière, Mulhouse n'aurait pas été champion et Tours serait encore là. » Concluant Thierry Chaix sur la voie de l'apaisement, l'Autorité Exécutive du Hockey Français (AEHF) devait régler les dossiers de Mulhouse, champion de France en titre et de Tours, vice-champion de France : « D'ores et déjà il apparaît que dans l'état actuel des dossiers, et  sans garanties supplémentaires pouvant intervenir avant le 1er Juillet, les clubs de Mulhouse et Tours, finalistes de l'édition 2004/2005, ne peuvent être qualifiés en Ligue Magnus. Concernant le cas des clubs de Ligue Magnus ayant dépassé la limite de la masse salariale pendant la saison 2004-2005, Amiens, Briançon et Rouen,  ils seront reçus individuellement par l'AEHF dans les prochains jours » prévenait en guise d'avertissement un

communiqué de presse fédéral avant d'entériner définitivement l'exclusion des clubs de Tours et Mulhouse à l'aube du mois de juillet. Un été agité pour le hockey français qui s'achevait avec l'invalidation des dossiers de Mulhouse, Tours (relégué en Division 2), de Dunkerque (relégué en Division 1) et le dépôt de bilan de Clermont (relégué en Division 3) C'est donc une Ligue Magnus à quatorze équipes avec la promotion des formations de Mont-Blanc, championne de France de Division 1, Caen, vainqueur du match de barrage face à Clermont et Chamonix sur dossier. Sur fond de polémique extra-sportive, la glace reprenait enfin ses droits après cette intersaison tapageuse avec le début de la saison de Magnus.

Le début de l'épopée… «  Je suis ravi ! Je me sens comme un poisson dans l'eau. Je suis vraiment content de retrouver la glace. J'ai vu ce matin ce que j'espérais voir une équipe au physique plus imposant que d'habitude avec de bonnes mains qui sait bien bouger le palet » S'enthousiasmait Guy Fournier visiblement satisfait du début du camp d'entraînement rouennais. Même son de cloche chez le défenseur Daniel Sedlak, prophète après le début de la préparation normande «  Cela ne fait que trois jours que nous nous entraînons ensemble. Il est pour l'instant difficile d'avoir un avis définitif sur la question. Mais en tout cas, je pense que l'on pourra compter sur une bonne défense et une grosse attaque technique et offensive. » Et tel était le cas en début de saison jaune et noire.

Après une préparation efficace où les Dragons ne concèderont qu'une seule défaite face à Briançon lors du tournoi « Vert Marine » de Montpellier pour sept victoires et un match nul, les Normands abordaient leur première sortie à la maison face à Chamonix pour la première journée. « Il y a tellement de forces dans cette équipe. Entre le gardien, la défense et l'attaque, il y a de quoi faire…. Il y a de quoi faire pour aller loin. Après, il faudra être prêt sur les gros matchs, ne pas s'endormir après avoir battu des équipes a priori moins fortes. » Soulignait, les yeux garnis d'étoiles, le jeune Edouard Dufournet, intégré à l'effectif senior en compagnie d'Yvan Fontana au sortir du camp d'entraînement. Balayant à domicile Chamonix (9-0) et Caen (11-0) tout en s'imposant 6-4 à Dijon, les Dragons ne tardaient pas à pointer le bout de leur crosse au sommet de la Ligue Magnus. Avec une saison régulière de 26 parties à jouer, difficile alors d'évoquer un parcours sans faute. D'autant plus que les Seino-Marins pour la quatrième journée ponctuée par un déplacement à Morzine-Avoriaz, tombaient dans le traquenard proposé par les Pingouins de Stéphane Gros.

Menant 3-0 à la fin de la première période, un deuxième tiers délicat des Dragons laissait les locaux agripper le bon wagon en revenant à 3-3 au tableau des scores.Un partage des points dans la difficile patinoire de Morzine-Avoriaz qui se révèlera moins anecdotique qu'il ne paraissait à l'époque. Au moment de regagner la Normandie, même s'ils l'ignoraient encore, les Rouennais venaient de vivre leur seule faux-pas de la saison. En effet, sur la route de la Coupe Magnus, les joueurs de Guy Fournier et Franck Pajonkowski ne cèderont plus aucun point jusqu'à l'amorce des play-offs. Se relançant directement dès la journée suivante, les Rouennais remettaient de l'ordre dans la maison en promenant les Brûleurs de Loups de Grenoble 4-1. Souvent efficaces à l'image de leur portier Ramon Sopko qui accumulait les blanchissages (10 au total dont 8 en saison régulière et 2 en play-offs), tantôt glorieux comme ce derby de haute volée remporté 4-2 face à Amiens dans une Ile Lacroix euphorique comme aux plus belles heures, parfois poussifs comme ce match remporté à Angers 6-5 en prolongation après avoir été mené 5-2 après deux périodes, les Normands multipliaient les lauriers tout au long de la saison régulière.

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« Il serait difficile de ne pas être satisfait du début de saison. Jusqu'alors, nous sommes bien évidemment contents. Quoiqu'il en soit, il nous fait rester vigilant. Je reste persuadé que certains de nos concurrents directs ayant connu des débuts un peu plus difficile, seront là pour la seconde partie du championnat. Nous sommes loin, très loin d'être arrivé au bout du chemin, il nous reste beaucoup de travail à accomplir. Pour moi, je considère que le fait d'avoir une bonne défensive est un gage de sécurité. Et nous sommes dans ce cas là depuis le début de saison. Nous pouvons compter sur une équipe dotée d'une solide défense à laquelle on peut ajouter un pouvoir offensif important. Cela reste une équipe performante qui sait développer du jeu en restant agréable à regarder jouer. Nous savons tous qu'une saison est longue et qu'il ne faudra pas lever le pied pour tenir notre rang. En jouant les premiers rôles au classement, à chacune de nos rencontres, notre adversaire nous attend et veut être l'équipe qui fera tomber Rouen. A nous de faire preuve de caractère pour être et surtout rester premiers. » Insistait Guy Fournier à la fin de l'année 2005 quelques jours avant l'une des seules déceptions que vivront les Dragons non pas en championnat mais en Coupe de France.

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Le faux-pas Basque… Privés de titres de champion de France depuis deux saisons, les Rouennais n'avaient pas laissé leur palmarès vierge de titres pour autant. Vainqueurs de Grenoble 5-1 en 2004 et de Briançon 4-3 en 2005, les Dragons avaient fait de la Coupe de France une de leurs spécialités en s'imposant lors des deux dernières éditions. Triple détenteur du trophée, les Normands n'entendaient pas céder leur Coupe de la sorte. Après avoir bouté en dehors de la Compétition, Asnières au premier tour (7-2) puis Neuilly (8-5), c'est à Anglet que les quarts de finale de la Coupe de France emmenaient les Dragons. Privés de Carl Mallette suspendu et d'Edouard Dufournet, Yvan Fontana en rassemblement équipe de France avec les moins de 20 ans, les Rouennais allaient vivre une soirée à couper le souffle dans la patinoire bouillonnante de la Barre. Menant rapidement au score après 39 secondes de jeu sur un but d'Olivier Coqueux, le Dragon subissait un violent coup de bâton avec la réaction angloy qui ramenait le score à 3-1 à la faveur des Basques. Si Tristan Lemoine ramenait le score à 3-2 avant d'être renvoyé prématurément au vestiaire, les joueurs de l'Hormadi continuaient de faire vibrer leur public en poussant les Dragons à 2-4. Une formidable partie de ping-pong au tableau des scores qui se poursuivait avec le retour du Dragon sur le devant la scène. Marc-André Thinel par deux fois et Julien Desrosiers remettaient les pendules diablement à l'heure dans la troisième période laissant la formation jaune et noire mener la partie 5-4 à dix minutes de la sirène finale. Si sur le banc rouennais, on espérait tenir le score en l'état, il n'en sera finalement rien, Géraud Maréchal, refusant l'infortune, se jouait de la défensive rouennaise avant d'égaliser à 5-5. Une folie que ce match qui trouvait son dénouement lors de la séance de fusillade. Après une période de mort subite vierge de filet, les Basques tiraient leur épingle du jeu en s'imposant aux tirs au but. Ni doublé Coupe – Championnat, ni triplé en Coupe de France, les Rouennais devaient abandonner leurs rêves pour se recentrer sur la Ligue Magnus. Et c'est ce qu'ils feront dès leur retour de leur périple basque avec un nouveau déplacement périlleux en Isère, cette fois, chez les Brûleurs de Loups de Grenoble.

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Une difficile partie au cours de laquelle les Dragons sortiront vainqueurs dans la difficulté. Menée 2-1 à la fin de la première période sur un doublé du centre suédois Roger Jonsson contre un but de Marc-André Thinel, l'escouade rouennaise renversait la tendance en égalisant dans un premier temps par Carl Mallette avant de prendre définitivement la main en prolongation sur un filet paraphé par Julien Desrosiers. Une victoire 3-2 en mort subite des Dragons qui mettait du baume au cœur à la formation rouennaise, un peu moins dominatrice en ce mois de décembre. Bouclant l'année 2005 sur une victoire à domicile 6-0 face à de trop tendres Dauphins d'Epinal, le Dragon pouvait profiter de la trêve des confiseurs pour relâcher, installé confortablement sur le fauteuil de leader avec un bilan comptable de 16 victoires et 1 match nul et une avance au classement de 9 points sur son dauphin Amiens. A neuf journées de la fin de la saison régulière, il ne manquait désormais plus qu'un point aux Normands pour être mathématiquement exempté du tour préliminaire réservé aux équipes classées entre la 5ème et la 12 ème place du classement.

Et ce petit point manquant, les Normands iront le chercher dès la première journée de l'année 2006 en s'imposant 9-0 à la patinoire de Saint-Gervais face à l'équipe du Mont-Blanc. Mais en ce mois de janvier 2006, les Dragons n'auront guère le temps de contempler le classement ou les premiers lauriers obtenus pour la nouvelle année face à Mont-Blanc (0-9), Briançon (10-2) En effet, une a priori anodine expulsion du défenseur Vesa Ponto lors de la 21 ème journée de championnat plongeait les Rouennais dans le trouble.

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L'affaire « Vesa Ponto » Pour cette 21 ème journée de Ligue Magnus, les Dragons avaient à charge de se rendre dans la patinoire d'Angers pour y croiser les crosses avec les Ducs. Au-delà d'un match délicat à gérer, les joueurs de François Dusseau ayant déjà malmené les Dragons sur l'Ile Lacroix (victoire 6-3 des Dragons), c'est l'expulsion de Vesa Ponto qui marquera la partie. Ainsi, au plus fort de la tempête dans laquelle les Normands devaient batailler dur en étant mené 4-2 au tableau des scores, Monsieur Bocquet, l'homme aux bandes orange, renvoyait le défenseur finlandais Vesa Ponto prématurément au vestiaire. Outre la longue infériorité numérique de cinq minutes qui en découlait avec à la clef un cinquième but angevin, les rouennais, qui l'ignoraient encore, venaient de perdre leur défenseur jusqu'à la dernière journée de la saison régulière. En effet, si les Dragons parviendront à renverser la vapeur en s'imposer 6-5 en prolongation sur un lancer magique à la bleue de Daniel Sedlak, les sourires de la victoire en Anjou cèderont place à une mine déconfite au retour en Normandie avec un fax lapidaire reçu dans les bureaux du Rouen Hockey Elite 76.

Au titre de la règle 550 G du règlement IIHF «  Un joueur touchant volontairement avec ses mains ou sa crosse, retenant, poussant, bousculant ou faisant trébucher avec ses mains, sa crosse ou son corps un officiel de jeu sera sanctionné d'une pénalité de match », le défenseur rouennais se voyait passible d'une sanction de dix matchs de suspension suivant le verdict de la commission de discipline. C'est ainsi que le placide Vesa Ponto se retrouvait convoqué aux cotés de Guy Fournier au siège de la Fédération Française des Sports de Glace le 01 février 2006. Entendu pendant presque deux heures et après avoir présenté la vidéo du litige, le Dragon se voyait signifier une suspension de cinq matchs ferme accompagné d'un sursis de cinq matchs supplémentaires " La sanction nous parait dure dans les faits mais cohérente avec le règlement. Nous avons apprécié le fait de pouvoir être largement entendu par la commission en dépit d'une discussion par moment houleuse " commentait à chaud Guy Fournier au sortir de la commission en compagnie de Vesa Ponto visiblement soulagé que l'affaire soit désormais close. Un moindre mal pour le Dragon et pour Vesa Ponto.

A cinq parties de la fin de la saison régulière à jouer face à Amiens, Villard, Anglet, Gap et Chamonix, il ne manquait plus qu'un point à Rouen pour être assuré de terminer à la première place du classement de la Ligue Magnus.

Les « 26 glorieuses » Tout au long de la saison régulière, c'était presque devenu une boutade au pays du Dragon. Les rouennais parviendront-ils à boucler la saison régulière invaincu ? Si au début, la perspective faisait sourire y compris les Normands qui s'attendaient à trébucher à un moment ou à un autre, au fil des matchs, au fil des victoires, la colonne défaite dans le classement des rouennais restait inexorablement vierge. Et pour retrouver trace de pareille performance dans les rangs « jaune et noir », il fallait remonter à la saison 1992-1993, année du troisième titre normand, avec une saison régulière de 26 matchs conclue par 25 victoires et 1 défaite sur forfait face à Chamonix dans une patinoire de l'Ile Lacroix taquine qui empêchait le troisième tiers de débuter alors que les Dragons menaient 5-1. Cette équipe 2005-2006 des Dragons pouvait donc écrire une des plus belles pages de l'histoire du club de Rouen en établissant le parcours quasi parfait en saison régulière. Encore fallait-il que les Normands soient en mesure de s'imposer lors de leurs cinq derniers rencontres.

Si les matchs face à Villard (7-3), Anglet (3-0), Gap (3-2), Chamonix (6-4) permettront aux Dragons de boucler leur chemin, la première rencontre de leur série de cinq leur offrira quelques frayeurs. Dans une patinoire du Coliséum avide de voir les normands chuter pour la première fois de la saison, les Rouennais auront le droit à une partie pétrie de suspense, de rebondissements et d'émotions. Une bien jolie soirée qui prenait son envol lors de la deuxième période avec un lancer contré plein axe de Marc-André Thinel qui portait la marque à 0-1 à la faveur des Seinomarins. Dans la foulée, Julien Desrosiers servait un magnifique café à la défensive gothique avant de tromper en tête à tête le portier picard Antoine Mindjimba. Une deuxième période radieuse pour les supporters rouennais qui inondaient le Coliséum de leurs chants enjoués, qui s'achevait sur le chapardage de rondelle de Marc-André Thinel pour le 3-0. Avec une marge de trois buts au tableau des scores, les Dragons pouvaient voir venir. Pourtant, plus que jamais dans l'antre des Gothiques d'Amiens, une partie n'est jamais achevée. Et les Rouennais en feront les frais durant une troisième période incroyable de

retournement de situation où les Picards revenaient dans le jeu par l'intermédiaire de Maurice Rozenthal seul face à Sopko puis par un lancer à la bleue du jeune défenseur Thomas Roussel. Le scénario d'un retour rouge et noir semblait se dessiner sur la glace du Coliséum. Dans une ambiance de feu, Jonathan Zwikel trouvait l'égalisation sur un cafouillage colossal devant la cage rouennaise à deux minutes de la sirène finale. Assuré de prendre au moins un point au classement, synonyme de première place, les Normands ne prendront guère de risques en prolongation au contraire de l'entraîneur Gothique Denis Perez qui jouait un audacieux coup de poker en soustrayant son gardien en mort subite sur un avantage numérique rouge et noir. Une témérité non récompensée pour les Gothiques qui assistaient impuissants à la victoire des Dragons sur un but en cage vide du capitaine rouennais Daniel Carlsson pour le 4-3.

De lourdes frayeurs pour le Dragon qui s'en sortait une nouvelle fois avec les lauriers. Même si le couperet ne sera pas passé bien loin à plusieurs reprises pour les Normands comme à Amiens, à Grenoble ou encore à Angers, c'est vierge de défaite que le Dragon bouclera sa saison régulière. Un bilan euphorique de 25 victoires pour 1 match nul et une avance au classement de 13 points sur son dauphin Grenoble qui chapardait la deuxième place à Amiens dans les derniers matchs de la première phase. De quoi laisser arriver dans la sérénité les play-offs de cette saison 2005-2006.

Le début de la campagne des play-offs… Il est coutume de dire qu'avec l'arrivée des play-offs, une nouvelle saison débute. Le tour préliminaire des play-offs ne fera pas exception à l'adage et la hiérarchie sera diablement bousculée durant un premier épisode où les Dragons resteront spectateurs, exempté au même titre que Grenoble, Amiens et Briançon. Dans l'attente de connaître leur adversaire en quart de finale, les Normands suivront d'un œil attentif la série opposant Angers à Anglet devant désigner l'opposant aux Dragons. Tandis que ce tour préliminaire faisait ces premières victimes avec le naufrage face à Epinal de Morzine-Avoriaz, seule équipe ayant fait perdre un point aux Dragons et la disparition de Villard-de-Lans éjecté par Mont-Blanc, les Ducs d'Angers, fort habiles tout au long de la saison, ne se faisaient pas surprendre par les Basques. Mis à l'abri par une victoire 6-3 à la patinoire de la Barre, les Ducs d'Angers doubleront la mise 3-0 dans leur antre pour s'imposer 2 victoires à 0 dans la série. Avec Dijon, Mont-Blanc et Epinal, Angers rejoignait les qualifiés pour les quarts de finale avec une opposition de choix à négocier face aux Rouennais.

Face à une équipe d'Angers de fait dans le rythme des play-offs, les Dragons privés de compétition depuis plusieurs jours, parviendraient-ils à éviter le piège tendu par François Dusseau. Avec une série disputée au meilleur des cinq manches, Angers rendait visite aux Dragons sur les bords de Seine pour les deux premiers manches de la confrontation avec le secret espoir de surprendre les Normands au moins une fois pour les contraindre à batailler ferme pour deux parties sur la patinoire étroite du Haras, terre hostile pour les Dragons. Fort heureusement pour les joueurs de Guy Fournier et Franck Pajonkowski, c'est pied au plancher qu'ils débuteront la série. « Attaquer fort les play-offs ! » le leitmotiv haut normand brisera la motivation angevine d'entrée de jeu. Déficitaires de 5 buts à la mi-match, les Ducs déposaient les armes pour la première fois en s'inclinant 7-0. Faciles vainqueurs le vendredi, les Dragons vivaient une partie du samedi bien moins tranquille. En effet, après de longues minutes d'atermoiements jusqu'à la mi-match, il fallait un lancer de Sami-Ville Salomaa sur un rebond pour débloquer la situation.

Dans une partie bien cadenassée, les Normands profitaient d'un Julien Desrosiers en feu pour creuser l'écart à l'entame de la deuxième période. Le retour en grâce à 2-1 des angevins sur un but de Simon Lacroix ne brisait pas la marche en avant des Dragons qui prenaient la main 2-0 dans la série sur un ultime filet en désavantage numérique paraphé par Marc-André Thinel. La suite de la confrontation en Anjou permettra aux Dragons de passer le tour. Violentés en saison régulière à la patinoire du Haras, les Rouennais espéraient de tout leur cœur boucler leur quart de final en trois manches, évitant ainsi de faire durer une opposition qui pourrait s'avérer bien périlleuse. Et leur vœu sera exaucé ! Pour autant, la partie ne sera pas simple pour les « jaune et noirs » Même si l'ouverture du score était rouennaise, Kimmo Salminen exploitant un rebond consécutif à un tir de Julien Desrosiers, l'incertitude dans la rencontre règnera jusqu'aux ultimes secondes. Rivalisant d'excellence, les deux portiers de la rencontre livreront une partie de haute volée, l'un et l'autre ayant choisi de refuser l'accès à leur but. Solide tout au long de la saison, Ramon Sopko, impérial, justifiait sa réputation en se montrant intraitable, repoussant chacune des tentatives angevines jusqu'à la délivrance rouennaise chapardé par Marc-André Thinel qui filait en échappée pour le 2-0 en filet désert. ) "On est en demi ! On est en demi ! " Chanteront les supporters rouennais très présents tout au long de la partie...
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Des chants rouennais qui n'auront guère le temps de résonner au dessus du casque des Dragons puisque déjà se profilait la demi-finale qu'ils joueront face à une surprenante équipe de Dijon. Confortablement lovée vers les cimes du classement, dans l'euphorie d'une Coupe de France remportée aux dépends de Briançon, les joueurs de Daniel Maric, après premier tour aisé remporté face à Caen, se payaient le luxe de balayer 3 victoires à 1 les Diables Rouges de Briançon. Si avant le début des play-offs, Rouen s'attendait à croiser le fer avec les Alpins, il n'en sera finalement rien, les Bourguignons, bien qu'ayant concédés la première manche dans les Hautes Alpes (2-3), enchaînaient trois victoires de rang 2-1 en fusillade à Briançon puis 5-0 et 5-1 à Dijon. D'ores et déjà titulaires de la Coupe de France et assuré de finir au pire à la quatrième place de la Ligue Magnus, ce sont des Ducs de Dijon sans pression qui se présenteront face aux Dragons. Pour la treizième fois de son histoire depuis 1985 et leur accession en Elite, les Rouennais avaient l'occasion de disputer une demi-finale du championnat de France face à un adversaire inédit, Dijon.

Après un premier tour angevin où les Dragons s'étaient à chaque fois octroyés les faveurs du tableau d'affichage, cette fois, c'est après le score qu'ils devront courir. Surprise pour une Ile Lacroix qui s'attendait à balayer rapidement les bizuts dijonnais mais force est de constater que les bourguignons jouaient crânement leur chance dès la première manche de la série en ouvrant le score par Aymeric Gillet à l'entame de la deuxième période. Certes, le reste de la partie sera moins réjouissante pour les joueurs de Daniel Maric, les Normands se chargeant de rappeler leur statut en giflant six fois le portier dijonnais pour une victoire jaune et noire 6-1. Bousculés la veille pendant quelques minutes, dès le lendemain, les Dragons se voyaient à nouveau chahutés par les Dijonnais. Sacrebleu ! Après dix minutes de jeu dans la deuxième manche de la série, le tableau des scores narguait les Normands avec un cinglant 0-2 lumineux pour les Bourguignons. Un vent d'effroi traversant les estrades de l'Ile Lacroix stupéfaite face à la perspective de voir les Dragons chuter pour la première fois de la saison, les Normands ne tarderont pas à changer de rythme.
Décidément bien difficiles à bouger, les Normands raccrochaient à 3-3 à la fin de la première période avant de s'envoler par la suite avec un saisissant 4-0 dans le deuxième « vingt minutes » Victorieux 9-4 pour la deuxième partie de la série, les Dragons, à l'instar du tour précédent, boucleront leur série en trois manches avec une ultime partie disputée dans l'antre des Ducs. Cette fois, les Normands ne laisseront pas leurs adversaires prendre la main. A l'heure dijonnaise, les Dragons remettaient les pendules à la bonne heure d'entrée de jeu.A l'abri à 3-0 après une période, les Normands n'auront plus qu'à contenir la course effrénée au score des Bourguignons. Un temps en danger avec un retour à 3-2 des locaux, Rouen finira pas récupérer les lauriers de la victoire 5-3. Vainqueur en trois manche, qualifié pour la finale, c'est confortablement installé dans son fauteuil que le Dragon suivra la fin de la série demi-finale opposant Grenoble à Amiens devant désigner l'adversaires des jaunes et noirs en finale.
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Apothéose à Amiens… Vainqueurs 4-3 puis 2-1 en fusillade à la patinoire de Pole Sud, les Gothiques d'Amiens avaient au soir du deuxième match de la série les opposant à Grenoble, un joli patin rouge et noir en finale. Si la troisième match leur était fatale avec une courte défaite 4-3 dans leur antre, le sésame pour la finale était obtenu dès la quatrième manche par les joueurs de Denis Perez sur le score de 4-2. Chacun se souvient sans doute encore des larmes du légendaire défenseur Denis Perez un soir de défaite à Rouen en quart de finale la saison dernière pour son dernier match de hockey professionnel, cette fois, c'est sur le banc d'Amiens en tant qu'entraîneur que « Pépé » reviendra pour tenter de faire choir le Dragon de son piédestal. Faut-il le rappeler toujours invaincu avec une série de rencontres sans défaites de 32 matchs, c'est non sans impatience que la Team jaune et noire s'apprêtait à savourer la deuxième finale de son histoire face à l'éternel rival picard.Que l'on soit peinturluré de rouge et de noir ou le cœur coloré de jaune et de noir, chacun se souvient encore de l'effervescence autour de cette finale 2003.

De l'immense explosion de joie du Coliséum pour la première manche alors que les picards venaient de tirer de l'arrière de 0-2 à 4-2, Bachet par deux fois, Hecquefeuille et B.Chauvel répondant aux deux buts normands signés par Lacroix et Doucet à cette incroyable dénouement lors de la troisième et dernière manche où l'Ile Lacroix retenait son souffle jusqu'à l'ultime but inscrit en filet désert par Arnaud Briand en passant par cet arrêt venu d'ailleurs d'Eric Raymond en prolongation du deuxième match face à François Rozenthal avant de mettre les gothiques à ses pieds lors d'une séance de fusillade incroyable de suspense… Autant de frémissements d'émotions que les supporters des deux formations auront l'occasion de revivre pour la deuxième finale Rouen – Amiens de l'histoire des deux clubs.

Et celui qui enflammera l'Ile Lacroix pour la première manche s'appellera Sami-Ville Salomaa. Discret dans la vie, omniprésent sur le glaçon, le solide défenseur finlandais porteur d'une auréole depuis le début des play-offs étincelait dans cette première joute remettant les Dragons sur les bons rails après un moment de doute normand. Pourtant, Pierre-Edouard Bellemare s'était chargé au culot de faire lever l'Ile Lacroix en reprenant un rebond sur un tir de Julien Derosiers. Illuminant l'Ile Lacroix par ses chants, les supporters rouennais se voyaient couper dans leur élan par un retour en verve des picards : François Rozenthal dans un premier temps contournait le portier rouennais avant de glisser le palet derrière la ligne de but jaune et noire avant que Nicolas Pousset ne donne la main aux siens sur un rebond habilement négocié. Un froid glacial régnait dans les estrades jaunes et noires et sur le banc rouennais à la reprise de la deuxième période. Un coup de déprime passager pour le Dragon que Sami-Ville n'entendait pas laisser perdurer. Un slap atomique peu après la ligne bleue redonnait de la couleur aux normands pour le 2-2.

Si Marc-André Thinel pour le 3-2 éclipsait un instant le colosse finlandais, ce dernier se jetait à nouveau dans la lumière pour illuminer l'Ile Lacroix d'un nouveau lancer monstrueux. 4-2 la partie basculait à la faveur des Dragons et la première manche de la série ne leur échappera pas en dépit du filet remporté par Elie Marcos auquel répondait un opportuniste Julien Desrosiers au rebond sur une intervention bien gauche d'Antoine Mindjimba sur un lancer de Vesa Ponto.

Loin d'être à la noce la veille, le portier des rouges et noirs ne le sera guère non plus le lendemain pour son deuxième séjour sur l'Ile Lacroix. Plutôt prolifiques la veille, les artilleries de part et d'autres se montreront peu bavarde cette fois ci. En effet, une longue entrevue tendue s'invitait sur la banquise de l'Ile Lacroix. Peu de tirs, peu d'occasions, les deux équipes s'observaient tendrement du coin de l'oeil sans oser s'exposer outre mesure. Il fallait absolument un filet pour libérer la situation. Toute l'Ile Lacroix connaissait sa fougue, le défenseur picard Thomas Roussel la découvrait

en voltigeant tel un fétu de paille sur une charge monstrueuse d'Alexandre Lefebvre. La brèche ouverte dans la défensive picarde laissait libre court à un magnifique mouvement entre Tristan Lemoine et Olivier Coqueux qui trouvaient en Alexandre Lefebvre un parfait chasseur de filet. Le tableau des scores libéré, l'Ile Lacroix rassérénée, les Dragons pouvaient s'en donner à cœur joie par l'intermédiaire de Carl Mallette qui chassait consciencieusement les toiles d'araignées dans la lucarne d'Antoine Mindjimba pour le deuxième but. Un Carl Mallette d'ailleurs en verve sur la partie puisque les québécois endossera le costume de serial-sniper sur la partie en signant le triplé dans la troisième période entrecoupé du pugnace Olivier Coqueux. La maigre réponse d'un but des picards ne servait guère qu'à édulcorer un tableau des scores nettement à l'avantage des Dragons ce soir : 5-1 score final.
Si proches mais si loin, il manquait encore une victoire pour les Dragons pour répondre à l'objectif qu'il s'était fixé en début de saison : soulever cette fameuse Coupe Magnus. Après les deux manches remportées à Rouen, les Gothiques d'Amiens avaient fixé un truculent rendez-vous aux Dragons normands dans leur antre du Coliséum. Le poing dressé vers d'incroyables supporters rouennais au moment de rentré sur la glace, il suffisait d'observer quelques secondes le visage d'Olivier Coqueux et de ses coéquipiers pour y lire la détermination : tout Rouen voulait soulever sa huitième Coupe Magnus. Pourtant, les Dragons devront payer le prix pour y parvenir. En effet, après un début de tiers plutôt coloré de jaune et noir, le ciel s'obscurcissait pour les Dragons avec la perte sur blessure de Pierre-Edouard Bellemare, le pouce brisé. Une mauvaise augure pour se poursuivait par l'explosion de joie du Coliséum quelques minutes plus tard. « Amiens ! Amiens ! Amiens ! » Le picard jusqu'alors plutôt discret dans les tribunes, célébrait comme il se doit le premier filet de la partie signé de Loïc Sadoun. Avec un soupçon de réussite, le gothique feintait de passer derrière la cage tenue par Ramon Sopko avant de placer le palet contre

le poteau rouennais. Sonné le Dragon chevrotait tandis qu'Antoine Mindjimba étincelait face à Marc-André Thinel sur un lancer de punition que le québécois ne parvenait pas à transformer.

Touché mais pas coulé pour le Dragon qui resurgira en deuxième période le couteau entre les dents. Diable ! Qu'ils étaient difficiles à contenir ces rouennais là en pleine rage. Une puissante chevauchée de Julien Desrosiers pour l'égalisation donnait du baume au cœur aux supporters rouennais tandis qu'un lancer de Carl Malette profitait à Eric Fortier puis Marc-André Thinel pour le 2-1. En quelques minutes, la tendance s'inversait et c'est le jeune Edouard Dufournet qui mettait à mort les Gothiques. Sur une sortie de prison, le rouennais s'envolait derrière la cage. Semant la patrouille défensive picarde, plein d'audace, il feintait la passe au centre pour Carl Malette avant d'attaquer à nouveau la cage. Un tentative, deux tentatives, Antoine Mindjimba, le mythique portier des Gothiques, devaient poser genoux à terre devant la fougue insolente du rouennais.

Le portier aux 18 saisons en Elite Française de Rouen à Amiens en passant par Reims, titulaire de plus de 700 matchs, un monument du hockey français tirait sa révérence sur ce ultime but marqué par un attaquant de vingt ans son cadet. En effet, tandis que le Coliséum se transformait soudainement en Ile Lacroix chatoyante incandescente par les chants des partisans rouennais, le Dragon filait vers la victoire. Pourtant, Anthony Mortas ranimait la flamme en attrapant la lucarne de Ramon Sopko à moins de dix minutes de la fin mais la solidarité défensive rouennaise faisait merveille. Même si les dernières minutes de la partie paraîtront interminables sur le banc rouennais, c'est toute une équipe jaune et noire qui se jetait au devant du palet pour soutenir son portier dans la cage. Encore quelques palets chauds à négocier pour les Dragons, encore quelques efforts à fournir pour contenir la formation picarde enragée à l'idée de revenir au tableau des scores, encore quelques secondes à jouer… Non ! La sirène finale retentissait enfin avec ce moment tant attendu : ce moment magique où les Dragons rouennais jetaient crosses, gants, casques... Ce moment magique où ces Dragons là devenaient légendes en bouclant la saison invaincus sur toute la saison... Magique ! Tout simplement magique ! Le Coliséum résonnera de longues minutes au son des chants des supporters rouennais, ivres de bonheur, heureux de féliciter leurs Dragons au milieu de la glace du Coliséum soudainement teintée de jaune et de noir. Une huitième Coupe Magnus de légende pour les Rouennais qui venaient d'écrire l'une des plus belles pages de leur histoire avec cette saison parfait. En attendant la suite des aventures du Dragon, les Rouennais pouvaient savourer ce titre au retour en Normandie avec le sentiment d'avoir livrer la marchandise comme il faut…
   
         
   

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