Après deux saisons d'éclipse, c'est avec une joie non dissimulée que les Dragons Rouennais retrouvaient la Coupe d'Europe à Rouen qui plus est, avec l'organisation sur les bords de Seine du deuxième tour de la Continental Cup. Avec la venue des Autrichiens de Salzburg, les Danois de SønderjyskE et les Britanniques de Nottingham, l'ouvrage ne manquera pas pour les joueurs d'Alain Vogin pour ce tour européen qui débutait par une jolie confrontation face aux Panthères de Nottingham. Alors que dans l'après-midi, les favoris autrichiens s'étaient sortis dans la douleur en fusillade du piège tendu par les danois de SønderjyskE, les Rouennais dans une patinoire toute parée de jaune et de noir, les couleurs de deux équipes, débutaient de la meilleure façon possible leur week-end en s'imposant 6-2 face aux Britanniques.
En effet, bien que soutenus par plus de 300 supporters britanniques, les Panthères jaunes et noires ne pouvaient accrocher les Dragons en dépit d'un retour au tableau d'affichage en fin de partie. Ainsi, rapidement mis à l'abri sur un filet de Marc-André Thinel, les Rouennais creusaient rapidement l'écart grâce à Frédéric Bouchard puis Julien Desrosiers en toute fin de première période.
Tandis que Marc-André Thinel se servait de son lance-roquette personnel pour ajouter un quatrième filet jaune et noir à la mi-match, les joueurs de Nottingham opéraient un fracassant retour au tableau d'affichage. Ainsi, tour à tour Neilson et Krajicek prenaient en défaut le portier rouennais Ramon Sopko, ramenant le score à 4-2. Quelques gouttes de frayeur perlant sur le front du Dragon qui n'empêcheront pas les Normands de s'imposer dans la partie. Julien Desrosiers s'illustrait pour le cinquième but et trouvait en parfait écho un Sébastien Thinel auteur du sixième et dernier but de la partie. Patinoire euphorique après cette victoire 6-2 des Dragons, avide de se retrouver dès le lendemain
pour le deuxième match à disputer face aux Danois de SønderjyskE.
Après leur très belle victoire la veille face aux Panthères de Nottingham, les Dragons espéraient pouvoir récidiver face aux Danois de SønderjyskE. Vaincus en ouverture par Salzburg en fusillade, l'affaire ne semblaient pas bien aisée pour les Dragons tant les Danois s'étaient montrés véloces face aux Autrichiens en tirant de l'arrière par deux fois de deux buts avant de céder lors de la séance de tirs aux buts. Malheureusement pour les locaux, l'apprehension des Dragons avant la partie était rapidement confirmée sur un bon jeu derrière la cage de Jan Jensen qui trouvait Eric Bertrand pour l'ouverture du score. Pris à froid, la formation d'Alain Vogin souffrira pour se remettre de ce désagrément. Contraints de galoper après le score, les Normands s'exposaient à une deuxième désillusion, chose faite après le lancer de Brad Rooney en lucarne à l'amorce des cinq dernières minutes de la première période. Un but d'Alexandre Lefebvre entretenait l'espoir chez les jaunes et noirs mais le début de la deuxième période scellait définitivement l'issue de la partie.
Menés 4-1 sur un doublé de Jan Jensen avant la mi-match, les Rouennais ne parviendront pas à solder leur déficit au tableau d'affichage. Même si Marc-André Thinel redonnait le sourire aux Dragons en deuxième période, un ultime filet emargé par Per Juhl entérinait la victoire des Danois sur le score de 2-5, répondant ainsi à la victoire des Autrichiens 5-2 sur les Panthères de Nottingham plus tôt dans l'après-midi.
A l'aube du troisième jour, la situation devenait bien étriquée pour les Dragons pour espérer se qualifier pour le troisième tour disputé à Minsk en Biélorussie. Il fallait absolument compter sur une victoire des anglais sur les danois dans l'après-midi pour que les Normands conservent une chance de qualification. Verdict rapidement donné dans cette journée puisque les Danois ne trébuchaient pas et s'imposaient 4-2 face aux Britanniques. C'est donc un dernier match sans
enjeu, si ce n'est brillé devant son public, que les Dragons devront négocier face aux Red Bulls de Salzburg. Tranquillement titulaires de deux victoires depuis le début du tournoi, les Autrichiens devaient néanmoins s'imposer face aux Normands pour décrocher leur billet en Biélorussie. L'intense armada Red Bull ne trahira pas sa réputation et malmènera fortement l'équipe rouennaise. Même si les Rouennais tenaient la comparaison au cours de la première période en décrochant le 0-0 au tableau d'affichage, l'accélération au deuxième tiers des Autrichiens était fatal aux jaunes et noirs. Ainsi, en l'espace de dix minutes, les Autrichiens menaient 3-0 (doublé de Pihl et Lakos) Dès lors plus rien ne pourra empêcher les coéquipiers du portier Divis de s'envoler vers la victoire. Fort habile en avantage numérique et apte à profiter de la moindre brêche ouverte dans la défensive haut normande, la mécanique bien huilée autrichienne ne s'enrayait pas. Franck Banham peu avant la cloture de la deuxième période ajoutait un quatrième but tandis que Greger Artursson puis Martin Pewal en avantage numérique donnait la réponse dans le troisième
opus portant la marque à 6-0 à la sirène finale. Las, les Dragons devaient déposer les armes et se résigner à oublier l'Europe pour cette saison 2006-2007. Sans regrêts, la formation autrichienne de Salzburg semblant vraiment la mieux armée dans ce groupe pour disputer le troisième tour à Minsk.
La jolie épopée des Dragons...
2003-2004
C'est une saison paradoxale que vivront ces Dragons pour la campagne européenne 2003-2004 des Normands. Houspillés en championnat avec une saison noire pour les Rouennais qui obtiendront une bien décevante onzième place au classement du championnat, la pire de leur histoire, la Coupe d'Europe offrira aux joueurs de Franck Pajonkowski une bouffée d'oxygène au sein du marasme ambiant avec la plus belle saison européenne jaune et noire en Continental Cup.
C'est dans son antre de l'Ile Lacroix que l'épopée européenne des Normands débutait un week-end d'octobre 2003. Face aux transalpins d'Asiago, face aux bataves d'Amsterdam et face aux meilleurs ennemis français amiénois, les Dragons obtiendront leur qualification pour le troisième tour à l'arrachée grâce au concours des Gothiques d'Amiens. En effet, après les deux points glanés par Amiens face à Asiago 3-2 en ouverture, les Dragons rouennais devaient concéder un inhabituel match nul 0-0 face aux Bulldogs d'Amsterdam. Fébriles en championnat, en manque de confiance, les rouennais ne parviendront pas à prendre en faute le portier batave Casper Swart, back-up de luxe d'un Phil Groeneveld blessé. Si les Vogin, Rozenthal et autre Low ne parviendront pas à ouvrir le tableau des scores, l'essentiel était conservés en maintenant Rouen en lice pour la qualification. Fiévreuse après le match nul concédé la veille, l'Ile Lacroix retrouvera la santé face à Amiens. En mettant le feu à la patinoire rouennaise pour l'ouverture du score, le finlandais Miikka Rousu montrait la voie à ses partenaires. Si Luc Chauvel en avantage numérique ramènera le score à parité, Pierre-Edouard Bellemare et Niko Kantelinen se chargeaient de creuser l'écart en apportant une marge de deux buts à la fin de la seconde période (3-1) Deux buts d'avance également à la fin de la partie pour les Dragons après que les deux équipes se soient neutralisées en troisième manche un but de chaque coté (Karjalainen pour Rouen et Jestin pour Amiens)
A l'orée de la troisième journée, c'est l'équipe d'Amsterdam qui semblait en meilleure position pour obtenir sa qualification. Forts de leur résultat nul 0-0 face à Rouen et de leur nette victoire face aux Italiens d'Asiago 6-0, la différence de but aidant, les Bataves pouvaient envisager d'obtenir leur billet pour le Danemark. Encore fallait qu'ils soient en mesure de vaincre l'équipe d'Amiens. De fait, l'Ile Lacroix se trouvait contrainte de remiser pour un temps au placard son hostilité face aux picards en escomptant un succès gothique face aux Bulldogs. Taquin, le picard offrira quelques sueurs froides aux partisans normands. Menés par deux fois aux scores (Kars et Williamson), les Gothiques d'Antoine Richer revenaient à parité à chaque fois par l'intermédiaire de François Rozenthal et Brice Chauvel. 2-2 puis 3-2 sur un lancer de Vincent Bachet en avantage numérique qui offrait une étriquée mais très précieuse victoire aux Amiénois et par procuration aux Dragons. Une chose est sure, un représentant français sera présent au troisième tour à Herning au Danemark. Il ne restait plus qu'à déterminer lequel d'Amiens ou Rouen obtiendrait son ticket danois. Pour les Dragons, l'équation était simple : afin de visiter le Danemark, la victoire face aux Italiens était nécessaire. Rapidement à l'abri face à de trop pâles transalpins, Rouen ne souffrira guère dans la partie. Maurice Rozenthal par deux fois, Miikka Rousu, Alain Vogin salaient confortablement la note des italiens pour un 4-0 logique qui propulsait la Team Dragon au Danemark.
Valerenga Oslo, Herning et Oswiecim tel sera le copieux programme des Rouennais pour ce troisième tour. Un groupe très ouvert dans lesquels les Dragons pouvaient escompter tirer leur épingle du jeu. Pourtant les affaires débutaient mal sous le ciel danois. Face aux locaux d'Herning, les Rouennais se retrouvaient rapidement menés au score. A peine une minute de jeu passé que déjà ils devaient courir après le score. Se jetant à l'abordage, les Dragons se faisaient piéger en contre accusant ainsi un retard de deux buts au tableau d'affichage. Le retour en grâce jaune et noir signé Steven Low ne faisait qu'attiser l'appétit de victoire des Danois qui s'imposaient 4-1 pour une sombre soirée chez les normands qui perdaient au passage leur défenseur Simon Lacroix victime d'une impressionnante blessure au tibia sur un coup de patin danois involontaire. Mal en point au classement, orphelin de Simon Lacroix, le Dragon retrouvera le sourire face aux Norvégiens du Valerenga. Une journée parfaite pour les Normands puisque Herning se prenait les patins sur sa glace en trébuchant face à Oswiecim (1-3) Complètement relancé dans la course à la finale, les Rouennais ne laissaient pas passer leur chance face aux norvégiens. Pourtant rapidement menés au score après cinq minutes de jeu, les Rouennais, cette fois, faisaient trembler les filets, soucieux de ne pas voir l'histoire de la veille se rééditer. Plus fringants que la veille, à l'instar de Pierre-Edouard Bellemare qui ramenait le score à 1-1 à la fin de la première période, les Normands mettaient à profit le deuxième tiers pour faire le boire le calice jusqu'à la lie aux Norvégiens. La Finlande jaune et noire se plantait allègrement dans la lumière par Miikka Rousu, Niko Kantelinen, Sami Karjalainen et Kimmo Salminen qui portaient la marque à 5-1. Le suédois Daniel Carlsson parachevait le travail avant la deuxième sirène pour un cinglant 6-1 qui laissera Valerenga aphone durant la troisième période.
«Même si le match face à Herning nous a échappé, nos chances de qualification pour la finale restent réalistes » lâchait sur le banc un Simon Lacroix optimiste. De l'optimisme au réalisme, il n'y a qu'un pas que les Dragons franchiront allègrement dès le lendemain même si une nouvelle fois la qualification normande devait se jouer sur un heureux concours de circonstance. Avec un destin qui leur échappée, la qualification étant semble-t-il promise à Herning, les Normands mettaient néanmoins un point d'honneur à boucler leur tournoi danois en beauté. Maugréant toujours sur son premier perdu bêtement «Comme l'équipe, je suis déçu par le premier match que nous avons joué. Nous n'avons pas réussi à convertir nos occasions comme nous avons su le faire lors de la rencontre face aux Norvégiens. Les lignes ont plutôt bien tourné mais nous avons manqué de réussite. On prend quatre buts sur quatre contre-attaques, nous avions le moral dans les patins. » Soulignera un Nicolas Besch beaucoup moins maussade après la partie jouée face aux Polonais. Redoutables, les Dragons semblaient à l'aise dans leurs patins sur la glace danoise. L'Unia Oswiecim ne pèsera pas bien lourd dans la balance. Rapidement mis sur la touche, les Rouennais dérouleront une bonne partie de la rencontre pour s'imposer finalement 7-3 sans pour autant afficher un sourire radieux, la qualification pour la finale biélorusse étant loin d'être acquise.
Bien pâles la veille face aux Dragons, les Norvégiens, démobilisés sans espoir de qualification, détenaient le destin des normands en Coupe d'Europe. A charge à Valerenga de porter l'estocade aux Danois. Il fallait une sacrée dose d'optimisme pour espérer un passage des rouennais en force dans ce groupe. Et pourtant, les Norvégiens offriront aux Rouennais leur qualification en s'imposant 3-1 face aux Danois dans un silence de cathédrale. Déception pour les supporters locaux, sourire de rigueur pour ceux de Rouen, l'épopée européenne des Dragons se poursuivra en Biélorussie à Gomel pour la Finale de la Coupe Continentale, une première dans le hockey français qui n'aura jamais pu jusqu'alors envoyé l'un de ses représentants à ce stade de la compétition.
« Bienvenue à Gomel, il est actuellement 10h00 du matin et la température extérieure est de -8 degrés celsius. Bon séjour en Biélorussie et bonne chance » Le temps de descendre le l'avion, de satisfaire aux longues et fastidieuses formalités administratives d'entrée et les Dragons pouvaient entamer leur séjour Biélorusse. Un séjour pantagruélique pour les Rouennais qui se retrouvaient propulser dans le gotha de la Coupe Continentale au coté des slovaques de Bratislava, des biélorusses de Gomel et Minsk, des russes de Severstal et des suisses de Lugano. Avec l'étiquette logique de « Petit Pousset » de la compétition, les Dragons ne pouvaient guère espérer s'imposer, juste se faire plaisir et voir ce qui arrive à l'image de leur portier Eric Raymond réaliste « «Nous n'avions rien à perdre. Du fait de notre effectif diminué, nous ne pouvons qu'être considéré comme outsider du Tournoi. Que ce soit pour les jeunes ou pour les plus âgés, c'est une bonne expérience pour tout le monde. Contrairement au championnat, la pression ne sera pas sur nos épaules. A chaque fois en Coupe d'Europe, nous avons su nous regrouper pour monter notre niveau de jeu match par match. Après tout est possible, l'essentiel pour nous est de nous donner à 100% pour ne rien regretter, pour savourer pleinement une bonne occasion de se surpasser. Peu importe le score que l'on gagne ou que l'on perde, nous sortirons vainqueur de cette partie si chacun se donne à fond » Effectivement pour les Dragons sans Kimmo Salminen touché au doigt et Miikka Rousu en délicatesse avec ses adducteurs, souffriront pour leur première rencontre face au HK Gomel. En effet, même si Eric Raymond retardait l'inéluctable un long moment, la boîte de Pandore jaune et noire finissait par s'ouvrir peu avant la fin du premier tiers. Entrouverte un temps paradoxalement jusqu'à l'égalisation rouennaise d'Alain Vogin, la route vers le but rouennais devenait béante et les Biélorusses s'y engouffraient gaiement. Pourtant, les Dragons s'étaient montrés véloces une nouvelle fois en envoyant Maurice Rozenthal répondre au deuxième filet biélorusse peu de temps avant que Tristan Lemoine ne voit la transversale du but biélorusse se refuser à ses tendres avances. Malheureusement pour les Normands, le vent tournera durant le troisième tiers. Balayés 4-0 dans le troisième tiers pour une défaite finale 6-2, les Dragons tombaient mais avec les honneurs. « L'essentiel pour nous est de nous donner à 100% pour ne rien regretter » Disait Eric Raymond avant la rencontre. Pourtant si les dragons auront donné tout ce qu'ils pouvaient donner sur la glace biélorusse, nul doute que les regrets étaient bien présents dans le camp des Rouennais.
« Nous avons joué deux bons tiers temps avant de donner trop de cadeaux à Gomel au troisième tiers. Nous avons concédé des buts stupides, c'est dommage, le score ne reflète pas forcement le déroulement du match. Nous avons intérêt à être prêt physiquement pour la rencontre face à Lugano. Je ne les ai jamais vu joué mais je sais que c'est très fort. Je connais bien les joueurs finlandais : Petteri Nummelin et surtout Ville Peltonen, même si je ne le connais pas personnellement, c'est sans doute l'un des meilleurs joueurs de Finlande. Il est très complet et possède de grosses qualités à l'attaque. » Les Dragons à l'image du finlandais Niko Kantelinen se devait de passer à autre chose le plus rapidement possible et se pencher le plus vite possible sur l'épineux problème proposé par la formation du mythique ex-entraîneur rouennais Larry Huras.
A quelle sauce sera mangé le Dragon ce soir par l'ogre de Lugano ? Si la réponse à cette question ne souffre d'aucune discussion chez les Suisses, la vérité de la glace va se révéler légèrement différente à l'entame de la rencontre. En effet, jusqu'à la première sirène, les Rouennais parviendront à tenir en respect la formation helvète avec un 0-0 encourageant. Après sans doute un passage tonitruant au vestiaire, les Suisses reviendront le couteau entre les dents et balaieront du revers les Dragons. 5 buts en un tiers et la messe était dite pur les Normands, soufflés tel un fétu de paille par une formation helvète bien au dessus cette fois. Durant la troisième période, les Rouennais auront l'occasion d'édulcorer la démonstration suisse de la deuxième période. Bien qu'encaissant deux nouveaux buts dont un du finlandais Ville Peltonen, pesant à lui tout seul à l'année autant que le budget de Rouen pour une saison, les Rouennais sauvaient l'honneur par Nicolas Besch pour une défaite 7-1 des Normands.
« Indéniablement, les équipes que nous avons jouées sont un cran au dessus de celles que nous rencontrons dans le cadre du championnat de France. Evidemment, tout le monde s'attendait à cette différence de niveau mais nous en avons vraiment pris conscience sur la glace au fil des matchs » Non pas un aveu d'impuissance dans la bouche du jeune Benoît Quessandier mais un simple constat pour une équipe rouennaise qui aura pu afficher tout au long du tournoi de la volonté en dépit d'une évidence infériorité sur la glace. Troisième et dernière de sa poule à trois, la formation rouennaise jouera un anecdotique match pour la cinquième place face à son homologue de l'autre poule. Tandis que Bratislava s'imposera en finale face Gomel et Lugano s'adjugeant la troisième place aux dépens de Severstal, les Dragons s'acquittaient d'une dernière joute face au Keramin Minsk. Une ultime opposition qui ne tournera pas à l'avantage de Normands carbonisés. Le bus jaune et noir en panne sèche, la partie tournait à la démonstration biélorusse. Le 0-5 concédé par les Normands à la sirène finale ne restera pas dans l'histoire européenne des Dragons et ne pourra servir de reflet de la saison des Rouennais au sein d'une Coupe Continentale qui restera l'une des plus belles jouées par la formation jaune et noire.
Entre joies et désillusions...
2002-2003
Après les retrouvailles avec la Coupe d’Europe, la saison précédente, le Rouen Hockey Elite 76 reprenait l’étendard européen en Continental Cup. Reims ayant corps & biens suite au dépôt de bilan financier c’est donc à Rouen que revenait le privilège d’organiser sur l’Ile Lacroix le second tour en accueillant les lettons de Riga, les écossais des Scottish Eagles & les Norvégiens de Storhamar. Une partie d’échec difficile à négocier pour le tout nouveau coach des Dragons Franck Pajonkowski et pour son nouveau manager Général Guy Fournier «Depuis 1993, nous n'avions pas eu la chance d'accueillir un tel événement sportif hockey sur glace à Rouen. Nous attendons un tournoi de haut niveau avec trois belles équipes qui vont venir nous défier sur notre glace. Avec deux matchs par jour, dès le vendredi jusqu'à dimanche, les fans de hockey apprécieront sûrement ce week-end avec de l'ambiance et du spectacle sur la glace »
De l’ambiance… il y en aura… Du spectacle également… C’est dans un soupçon de nostalgie que les dragons plongeaient à nouveau dans les ambiances Coupe d’Europe à l’Ile Lacroix face à Riga pour leur premier match… Adversaire connu, attendu et redouté qui finalement ne contrariera pas les plans de qualification des Dragons… Bien qu’ayant ouvert le score, les lettons ne pourront rien faire face aux Carlsson, Bourdeau (2), Besse et autre Saint-Pierre buteurs pour un premier match tout sourire pour les Jaunes & Noirs, vainqueurs 5-1. Poussifs, opportunistes voire décevants la veille face aux norvégiens de Storhamar, les Scottish Eagles se présentaient face à une équipe des Dragons tout feu tout flamme… Les travées de l’Ile Lacroix ne donnaient pas cher de la peau des Aigles écossais… A tort… Au prix d’un match physique, intensif, les écossais dominaient dans tous les compartiments du jeu des Dragons pour une victoire britannique 6-2… le rêve européen des Dragons s’achevaient là… Rouen ne pourra pas se qualifier pour le troisième tour… En théorie seulement… Eliminés sportivement, les Normands bénéficieront d’un concours de circonstances rocambolesque... Alors que la dernière journée devait couronner les écossais et déterminer le second du groupe, la rupture d’un compresseur sous la glace rouennais contrariait la fête organisée à l’Ile Lacroix… Plus proche du water-polo que du hockey sur glace, aucune rencontre ne sera joué, le classement de la veille étant entériné à savoir Scottish premier… Rouen second… La belle affaire ! Rouen ne participera toujours pas au troisième tour à Belfast… Et pourtant si ! En proie à des difficultés financières insurmontables, les écossais contraint au dépôt de bilan offriront aux Rouennais leur fameux troisième tour irlandais.
« Nous allons prendre les matchs un par un sans nous dire qu'il faut que l'on gagne absolument nos trois matchs pour passer. La qualification semble une tâche bien difficile compte tenu des circonstances. Nous abordons les matchs période par période en ayant toujours à l'esprit de bien performer et se faire plaisir. J'espère que les gars réalisent que c'est une belle expérience que nous vivons. Nous sommes chanceux de la vivre vu que nous ne devrions pas être là. Nous allons sortir grandi de ce week-end aussi bien au niveau de l'ambiance dans le group qu'au niveau de notre jeu. Nous allons nous attacher à bien défendre, à ne donner que peu de chance de marquer. Nous devons mettre l'accent sur les efforts défensif pour aider au maximum notre défense puisque nous savons que nous sommes capable de marquer des buts" appuie Alain Vogin, assistant coach des Dragons en préambule du tour irlandais… Malheureusement, les aventures des Dragons au pays du trèfle ne se passeront pas comme prévus. Menant 4-2 à 10 minutes de la fin face aux autrichiens de Linz tombeurs de Grenoble au tour précédent, les Dragons se feront rejoindre pour terminer sur un score de parité 4-4… Touché moralement, les Normands auront toutes les peines du monde à se remettre de la désillusion autrichienne pour le second match face aux irlandais… Tout simplement trop forts, Belfast ne fera qu’une bouchée des Dragons avec une vilaine défaite 0-8 «Il est clair que jamais nous n’aurions du perdre ce match d’une telle façon. Nous avons fait énormément d’erreurs défensives, nous prenons des buts sur des engagements, sur des joueurs tous seuls. Ce sont le genre de buts que nous ne prenons pas lorsque l’on joue à fond contre Amiens par exemple… je ne sais pas trop pourquoi là nous nous sommes permis de les prendre. Personne n’a réellement fait son boulot à ce niveau là. Leur gardien a fait quelques arrêts déterminants même si nous n’avons pas été assez créatif offensivement. Nous n’avons pas joué notre meilleur match hier soir avec beaucoup trop de lacunes défensivement. Dans ce type de compétition face à ce genre d’équipe, lorsque tu cours après le score, tu ne reviens pas» enfonçait le jeune Aram Kevorkian. Rouen devra faire fi de ces deux déconvenues face à Linz et surtout Belfast pour disputer leur dernière rencontre face aux norvégiens de Valerenga… Déjà privés de Saint-Pierre & de Provencher, les Dragons devront faire face aux absences de Doucet, Vogin et aux blessures handicapantes de Besse, Carriou, Pousset & Karjalainen… Un peu trop de malchance pour les Dragons qui concéderont une nouvelle défaite 5-1…
Rouen achèvera son parcours européen sur une note douloureuse de trois défaites en attendant les prochaines aventures des normands hors de l’hexagone… Mais pouvait-on décemment espérer mieux des Dragons ? « Nous n’étions pas assez préparer physiquement pour un tournoi à ce niveau là où il faut énormément d’endurance. Ce n’est pas avec notre championnat que nous pouvons l’acquérir. Si il y a une leçon à retenir de ce tournoi, c’est que nous devons travailler pour améliorer le niveau de notre équipe sans s’aligner sur celui de la ligue.» confiait Pierre Allard, ultime recrue des Dragons…
Le renouveau
2001-2002
Après quatre longues années de purgatoire européen, les Dragons retrouvaient enfin les joies des joutes européennes avec une qualification en Continental Cup, unique compétition européenne depuis le sabordement de l’European Hockey League, faute de moyens financiers. Champions mais bougons, les Dragons, faute de leur non-participation à la réunion de Vienne désignant les groupes & les équipes receveuses, se voient infliger un premier tour à disputer en Espagne à Puigcerdá, l’équipe d’Anglet récupérant de droit l’organisation du second tour au Pays Basque. Contrainte & forcée la troupe de Guy Fournier prenait donc la direction de Font-Romeu qui finalement accueillit ce premier tour, la patinoire de Puigcerdá étant fermée pour réfection. Une cinquantaine de personnes pour le retour des Dragons sur la scène européennes, on aurait pu rêver mieux mais peu importe les Dragons se sortaient aisément de ce tour en battant successivement les hollandais de Nimègue 6-2, les espagnols de Puigcerdá 9-4 & les lettons de Liepaja 4-2.
Qualifié pour le tour suivant, Rouen aura le privilège de s’envoler pour la Finlande à une centaine de kilomètres d’Helsinki dans la petite ville de Mikkeli pour y affronter l’équipe locale ainsi que les Norvégiens de Storhamar et les lettons de Riga 2000… Les Dragons, perclus de blessés, entameront le tournoi par une défaite 5-2 face à Storhamar. « Tout n'est pas fini, tout le monde peut battre tout le monde. Personnellement, je ne vois pas les norvégiens gagner tous leurs matchs. Si nous gagnons demain, tout reste ouvert et cela se jouera le dimanche. Si nous perdons, nous serons en vacances » soulignait non sans humour la tour de contrôle défensive rouennais Heikki Riihijärvi… Et le lendemain, les Normands tiendront en échec les finlandais de Mikkeli jusqu’au troisième tiers avant de lâcher finalement concédant leur deuxième défaite 3-1… Plus rien à espérer pour ce dernier match face à Riga 2000… Démobilisés, miné par les blessures, focalisé sur le Championnat, unique objectif des rouennais, les Dragons passeront complètement au travers de ce dernier match… Les Lettons infligeant la plus grosse déculottée européenne aux Dragons avec un cinglant 3-11 concluant ainsi la saison européenne des Dragons sur une fausse note « A posteriori, on peut se dire que ce tournoi était abordable. Même si nous avons craqué contre la Norvège, nous avons prouvé que nous avions le niveau pour jouer contre des finlandais. Face à la Lettonie, circonstances à part, sous un autre jour, avec plus de réalisme offensif, on aurait fait un bien meilleur match. Avec ce genre de matchs, on en apprend tous les jours. Pour nous, ce match était sans intérêt. Pour eux, comme pour nous, mathématiquement nous étions éliminés. Il ne faut pas tenir compte du résultat même si cela ne fait jamais plaisir de prendre un tel score. Pour nous, l'important est de construire sur le match de la Finlande. Nous nous sommes attachés à jouer défensivement en adaptant un nouveau système. » de conclure pour le meilleur compteur rouennais en Coupe d'Europe cette saison là, Guillaume Besse.
La fin de la belle époque
1996-1997
Triste ambiance pour cette nouvelle saison européenne des Dragons… Battu la saison précédente en championnat en finale par Brest en trois manches sèches, Rouen se voit octroyé une place dans la toute nouvelle compétition européenne l’European Hockey League qui remplacera l’année suivante la Coupe d’Europe des Clubs Champions disputé cette saison là par le champion en titre Brest. Une compétition dont Rouen se sera bien passé compte tenu des événements extra sportifs qui venaient juste de secouer feu Rouen Hockey Club… Contraints au dépôt de bilan, le Rouen Hockey Club renaissait de ses cendres en Rouen Hockey Elite 76 non sans quelques dégâts collatéraux… exit les Ylönen, Lemoine, Poudrier, Dunn et autres Fournier qui auront écrit les plus belles pages européennes de la tunique jaune & noire… Aux De Benedictis, Bellerose, Pajonkowski, Pinard, Savoie de continuer à faire vivre la flamme européenne des Dragons dans une compétition à quatre sous forme d’aller-retour aux cotés des Indians de Frolünda, de Lukko Rauma et de Litvinov… Autant dire que la tâche semble bien insurmontable pour des Dragons contraints à jouer les sparring-partners.
Les supporters rouennais n’auront guère l’occasion de s’enflammer dans cette ligue… Le Dragon n’en sera pas pour autant sali par les matchs disputés par les Dragons… Rouen concédera certes quatre défaites sur six matchs mais ne lâchera pas plus par plus de deux buts d’écart à chaque fois excepté face à Frolünda où les rouennais prendront l’une des plus belles claques de leur histoire avec un cinglant 8-0… Quoiqu’il en soit, Rouen arrachera deux matchs nuls dans cette épopée européenne 3-3 face aux thèques du Chemopetrol Litvinov et surtout un historique 7-7 face à Lukko Rauma, match qui restera sans doute dans les tablettes européennes tant les finlandais auront retourné avec une audace rarement vue une situation bien compromise. Menés 5-1 par les Dragons à l’entame du dernier tiers, les Finlandais entament une remontée incroyable grâce à un coaching suicidaire mais extraordinaire… A plusieurs reprises, le gardien finlandais désertera sa cage pour permettre aux siens de revenir… Décontenancés, les rouennais encaisseront 6 buts dans le troisième tiers en ne rendant que trois lâchant ainsi une rencontre 7-7 qui pourtant semblait promise à la victoire des jaunes & noirs.
La récompense
1995-1996
Alors que Rouen a tout connu en Coupe d’Europe des finales malheureuses à Düsseldorf à la finale des Coupes des Ligues Européennes face à Jaromir Bolzano Jagr… Passant souvent proche voire très proche d’un premier titre, c’est en fait en cours de cette saison 1995-1996 que les Dragons vont décrocher leur seul et unique trophée européen. Non pas en Coupe d’Europe des Clubs Champions à laquelle Rouen prenait par pour la cinquième et dernière fois de son histoire mais en finale de la Ligue Européenne face à Feldkirch.
En effet, depuis cinq ans, Rouen lorgnait sur le titre majeur des titres européens, la Coupe d’Europe des Clubs Champions… Une ultime tentative pour une compétition qui allait mourir la saison suivant supplantée par l’European Hockey League disputée à Vsetin en République Tchèque pour les demi-finales… Vsetin, fief du puissant Petra Vsetin qui n’entendait pas voir sa suprématie contestée sur la glace. Ni Nowy Targ (4ème) Ni Olimpija Ljubljana (3ème) ne contesteront la marche en avant des Tchèques… Seul Rouen aurait pu prétendre manger l’ogre de Vsetin pour l’ultime rencontre de ce tour… Un match au couteau sous forme de course poursuite entre les Tchèques qui ouvrait la marque avant de se faire rejoindre par Serge Poudrier avant de reprendre la main pour une nouvelle fois se faire égaliser par Christian Pouget… Plus que huit minutes à jouer, Rouen ne pouvant se contenter d’un match nul, est obligé de sortir de sa réserve se fait contrer et concède deux nouveaux buts qui enterreront définitivement les espoirs des Dragons avec une défaite 4-2 dans cette Coupe d’Europe des Clubs Champions laissant le Petra Vsetin s’envoler vers les finales à Cologne.
Moribonds en Coupe d’Europe des Clubs Champions, les Dragons ne s’en laisseront pas compter dans la deuxième édition de la ligue Atlantique… Oubliés les espoirs nés la saison dernière, de championnat européen, les Dragons sortent premiers d’une compétition européenne qui n’intéresse guère d’équipe à l’instar de Tilburg, forfaits lors des trois dernières rencontres. Peu importe le grain pourvu que l’on ait l’ivresse… Rouen fort d’une seconde victoire se voit octroyer le droit de disputer la finale des Coupes de Ligues Européennes face au vainqueur de l’Alpenliga, Feldkrich, auteur d’un joli parcours en Coupe des Clubs Champions qualifié pour les finales qu’ils perdront quelques jours plus tard face à Jönköping. Sans doute focalisés sur leur finale des Clubs Champions à Cologne, les autrichiens passent au travers du match aller disputé en Autriche. En dépit de deux buts marqués coup sur coup par Puschnik et Wheeldon, les Dragons prendront rapidement l’avantage en revenant au score par Koïvisto en égalisant par Maia avant de prendre le large par trois nouveaux buts signés Pinard, De Benedictis & Pouget… Forts de leur victoire 2-5 au match aller, les Dragons pouvaient voir venir au match retour disputé au mois de janvier 1996 quelques jours après la finale perdue par les Autrichiens face aux Suédois en Coupe d’Europe des Clubs Champions… Un contexte à nouveau particulier pour une compétition des Ligues Européennes qui n’aura jamais réellement trouver ses lettres de noblesse. Une fois de plus démobilisés, Feldkirch ne sera dans le ton que jusqu’à mi-match sur l’Ile Lacroix. Rendus à un score de parité 2-2, les Dragons prendront leur essor à la 27ème minute par Koïvisto… Les Autrichiens ne reviendront jamais et s’inclineront 7-3, Rouen remportant ainsi, enfin, son premier et unique trophée européen.
Sur tous les fronts...
1994-1995
Alors que l’idée d’un championnat européen était en gestation depuis quelques années, de nouvelles compétitions européennes font leur apparition en cette année 1994… La ligue Atlantique venait rejoindre la Ligue Alpine créée quelques années plutôt pour une première esquisse de ce fameux championnat européen. C’est donc à cet ouvrage que les Dragons vont s’atteler en compagnie d’Amiens & de Reims ainsi que des Danois d’Herning & d’Esbjerg et les hollandais de Tilburg & Geleen. Une compétition originale « J’ai trouvé ça très agréable. Avant Noël, nous avions joué une totalité de 42 matchs, et nous on aime ça. Les gens aiment ça. Cela mériterait d’être renouvelé » commentait Guy Fournier à l’époque, qui en dépit d’une nette domination des Dragons (12 victoires en autant de rencontres) ne revêtira pas un intérêt particulier certains clubs comme Amiens décidant de boycotter ce championnat. Quoiqu’il en soit le titre de champion de la ligue Atlantique donnait le droit aux Dragons de disputer la finale des Coupes de Ligues Européennes face à Bolzano, vainqueur de la ligue Alpine au mois de décembre.
En attendant ce rendez-vous qui pouvait permettre aux Dragons de remplir leur palmarès européen, l’équipe de Benoît Laporte, nouvel entraîneur du Rouen Hockey Club devait reprendre entre temps le flambeau de la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Conséquence directe de leur quatrième la saison précédente, Rouen était obligé de disputer le premier tour de cette compétition à Riga en Lettonie. Une confrontation franco balte qui mettait aux prises les Dragons aux lituaniens de l’Elektrenai Vilnius, aux estoniens de Narva Kreemholm et surtout au Pardagauva Riga, équipe qui avait ruiné les espoirs normands la saison dernière à Rouen. « Les deux premiers matchs ont été faciles face à Narva et Vilnius. Le match contre Riga, c’est quand même une grosse performance. Aller les battre chez eux, devant leur public, avec leur système de jeu, leurs palets assez spéciaux, le froid, c’est quelque chose de formidable. Cela prouve aux autres clubs européens que Rouen possède une belle équipe » commentait sur un ton revanchard Steve Marie… En effet, forts de trois victoires (12-1, 6-1 & 2-1), les Normands prenaient leur revanche sur les Lettons en se qualifiant là-bas pour les demi-finales à Malmö en Suède.
Kristianstad Suède… C’est sous la neige et le froid que les Dragons débarquaient pour une demi-finale à quatre qui allait, en fait, rapidement tourné à un duel serré entre Rouen & Malmö… Les deux équipes se répondant au tac au tac pour les préliminaires… 8-2 face à Jesenice & 9-2 face à Nowy Targ pour les suédois 5-0 face à Nowy Targ & 13-0 face à Jesenice pour les Français. La finale Rouen – Malmö aura bien lieu le dernier jour… Beaucoup trop indiscipliné Rouen bien qu’ayant ouvert le score par Kari Jalonen concédera une défaite 4-1 face aux suédois. « Nous avons pris beaucoup trop de prison mais nous étions présents malgré tout. Je suis sur que les suédois ne seront pas loin du titre de Champions d’Europe. Au dernier tiers-temps, Benoît Laporte nous a dit que si nous restions à 4-1, nous étions qualifié à 99%, les gars se sont arrachés pour garder ce résultat et cela n’a pas suffit » lâchait un Pat Dunn amer. En effet, bien que second de la poule D, Rouen pouvait prétendre à la finale au titre de l’un des deux meilleurs deuxièmes des demi-finales… Collusion malsaine ou hasard des résultats, Togliatti écrasant son groupe jusqu’alors concédait le match nul face à Olomouc tandis Trencin lâchait également le match nul face à Minsk… Deux matchs nuls qui permettaient aux deux équipes Baltes de s’envoler vers les finales. Rouen grugé ou Rouen malchanceux « C’est vraiment dommage, sur le match Minsk – Trencin, il n’y a eu aucun shoot dans la dernière période, ni d’un coté ni de l’autre, c’est à se poser des questions ! Je l’ai appris de la bouche de Benoît Laporte qui avait les larmes aux yeux. Cela nous a mis un coup. Quelque chose que j’ai rarement vécu» maugréait Dunn… Quoiqu’il en soit Rouen n’accédera pas à cette finale à Düsseldorf au grand damne des supporters qui, pour l’anecdote, s’étaient couché la veille sur de la qualification de leurs protégés et relevé le lendemain avec la terrible sensation de s’être fait floué.
A que cela ne tienne, oublié les malheurs rouennais en Coupe d’Europe des Clubs Champions… place au dernier rendez-vous des Dragons sur le vieux continent cette saison avec les finales des Coupes des Ligues Européennes… Un premier tour vite avalé par les Dragons qui rendaient une fiche de deux victoires face à Klagenfurt 7-3 & Celje 7-1 pour un seul match nul face à Feldkirch (4-4) Rouen obtenait son ticket gagnant pour la finale face à Bolzano vainqueur de l’autre demi-finale et sa terrible surprise réservée aux Dragons… la présence de la star gréviste en plein block out NHL, Jaromir Jagr… Avec un tel atout dans leur jeu, difficile pour les Italiens de ne pas faire banco… 12 buts encaissés par les Dragons contre 10 marqués en deux matchs… et les Normands s’inclinaient sur l’Ile Lacroix 5-7 et en Italie 5-3 avec au passage un ratio de 2 buts pour 7 assistances sur 12 réalisations italiennes pour le tchèque impérial.
Les premières déceptions
1993-1994
« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le et le repolissez » c’est à ce genre de maxime populaire que les Dragons devront s’atteler en cette saison 1993-1994 avec une nouvelle demi-finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions organisée sur l’Ile Lacroix.. Un nouveau menu pantagruélique est proposé à l’estomac des Dragons avec le Dynamo de Moscou, le Dukla Trencin & le Pardaugava Riga… Jamais 2 sans 3… Rouen se qualifiera-t-il pour une troisième finale consécutive dans le désormais célèbre Eis Stadion de Düsseldorf ? « Ce sera très dur d’aller en finale. De toute façon, nous allons donner le maximum et on verra en novembre » commentait pessimiste Pierrick Maia, travailleur impénitent des Dragons et de se faire écho par Benoît Laporte « Nous sommes tombés dans une poule assez difficile. C’est une des dernières années où l’on peut se qualifier pour les finales car les Clubs de l’Est arrivent en grand nombre. Nous avons une belle carte à jouer. Notre public sera là. Il n’y a pas de secret ! Quand le palet tombe, il faut prendre le contrôle, envoyer ce palet au fond, aller les frapper pour leur faire voir qu’on est chez nous. Que s’ils veulent gagner, ils devront montrer qu’ils sont plus forts. Chaque fois que l’on endosse le maillot c’est pour gagner. Durant ces trois matchs nous allons nous battre. Si nous n’y parvenons pas, ce ne sera pas faute d’avoir essayer. Le premier match sera déterminant. »
Et effectivement, le premier match sera déterminant pour les Dragons face aux tchèques du Dukla Trencin. Rouen, sous pression suite à la victoire de Moscou face à Riga 7-3, n’hésite pas à prendre le jeu à leur compte par un doublé de Guy Fournier…Les Dragons se feront rejoindre dans la foulée avant que Franck Pajonkowski ne redonne l’avantage aux jaunes & noirs. La suite de la partie sera moins joyeuse pour les Dragons, Eric Lemarque offrant l’égalisation à 4-4 aux Normands à 10 minutes du terme de la rencontre. Avec ce match nul, Rouen n’hypothéquait pas pour autant leurs chances de qualification… le tout passant pour commencer par une victoire le samedi sur les Lettons de Riga… Et malheureusement les choses ne sont passeront pas comme tel pour les hommes de Larry Huras… En dépit de l’ouverture du score par Franck Pajonkowski, ce sont les lettons qui rentreront au vestiaire à la fin du match avec la victoire 1-2. Alors que Rouen prévoyait ‘le gâteau’ dixit Benoît Laporte pour le dernier jour, les Dragons joueront pour le fun face à ce Dynamo Moscou déjà qualifié et futur finaliste malheureux de la compétition contre le TPS Turku. Face à un adversaire au combien redoutable emmené par les futurs stars de Ligue Nationale Viktor Khozlov, Andreï Nikolishin, Sergeï Gonchar, les Dragons ne pourront faire mieux que de s’incliner 1-3 sur sa glace grâce à Franck Pajonkowski, auteur du seul but rouennais qui, pourtant peu enclin à ce genre de démonstration, en profitera pour remercier le public seul dans le rond central d'un geste de la crosse. Rouen décroche ainsi une dernière place du groupe G décevante mais somme toute réaliste… «Ce n’est pas fini. Nous en sommes persuadés et gageons que Rouen aura de nouveau son mot à dire au niveau international » concluait positivement ce tournoi européen rouennais Jean-Claude Ducable au micro de Radio France Normandie.
La confirmation
1992-1993
Rentré dans le gotha européen la saison dernière, les Dragons accueillent cette saison là les demi-finales de la Coupe des Clubs Champions dans sa toute nouvelle patinoire flambante neuve. « S’il n’y pas de blessés, c’est possible. De toute manière sur un match tout peut arriver. Il faut voir les choses en face, la France l’a prouvé aux Jeux Olympiques d’Albertville. Nous pouvons accrocher n’importer qui, comme nous l’avons démontré contre le Dynamo de Moscou en début de saison en match amical » de fortes ambitions mis en exergue par le néo rouennais Rodolphe Garnier que les Dragons vont se charger d’assurer face au Saga Riga, Unia Oswiecim & surtout Malmö en ce mois de novembre 1992… Rouen s’est débarrassé de ses complexes européens et le fera savoir à qui viendra contrarier la montée en puissance des Dragons… 13-0 face à Riga… 8-1 face à Oswiecim… 4-3 face à Malmö… Rouen décroche tranquillement sa qualification pour une deuxième finale consécutive disputée une nouvelle fois à Düsseldorf, sous l’œil avisé du rival picard Antoine Richer « Je sais que Monsieur Ducable a énormément investi pour son équipe. Ce serait une superbe récompense pour lui si Rouen atteint au moins le podium. Egalement pour les joueurs qui le méritent. Je n’ai pas vu les autres équipes jouer mais Rouen a acquis un style, une technique et une tactique qui peuvent lui permettre de tirer son épingle du jeu. C’est une équipe qui peut se hisser au plus haut niveau européen. »
Malheureusement, les vœux pieux du capitaine picard ne seront pas suivis d’effets… « Ce qui nous motive le plus, c’est de jouer le premier match contre Düsseldorf. Notre esprit est axé principalement sur ce match. C’est surtout gagner Düsseldorf qui nous hante » les Dragons à l’image de Franck Saunier auraient-ils déjà joué cette rencontre face aux allemands avant la date… Quoiqu’il en soit, Rouen se rue maladroitement à l’attaque et se fait étriller par le DEG en contre-attaques… Rouen, qui aura perdu entre temps son ange gardien Petri Ylönen sur un ‘pétage de plomb en règle’ est nettement battu 2-8 par les Allemands « J’ai pris cinq buts en première période. Tout au long du match, les allemands me poussaient et l’arbitre n’a rien dit. Tout le monde le voyait sauf l’arbitre. A la fin, il me donne deux minutes alors que je n’avais rien fait. Je lui demande la raison, et il me redonne 10 minutes. Ça a fait tout basculer. C’est pourquoi j’étais furieux » soulignait à l’époque le goalie rouennais. L’ogre moscovite ne tremblera guère plus face aux Dragons pour le second match de cette finale… Le dynamo s’imposant aisément 5-0 en dépit d’un premier tiers encourageant des normands. Rouen dores & déjà éliminé ne peut qu’espérer sauver l’honneur face aux finlandais du Jokerit Helsinki… rien n’y fera… les Dragons menés 4-0 à mi-match finiront par réduire le score par Pajonkowsi puis Laporte pour clore le match sur un 4-2 honnête… Rouen quitte alors sans le savoir sa dernière finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions à la huitième place.
Les plus belles heures...
1991-1992
Le Dragon serait-il un animal têtu ? Après la déception allemande la saison dernière, les Normands reprennent les chemins européens avec cette fois-ci une équipée du coté de la Lombardie et du Forum Milanofiori de Milan. Un gros challenge proposé aux normands avec les Italiens de Milan, les hollandais d’Utrecht & les plus modestes espagnols de Jaca. Après une mise en bouche espagnole avalée par les Dragons 13-0, les Normands se voient proposer Utrecht, équipe à la Rotterdam, physique voire brutale. C’est au terme d’un match défensif et plein d’opportunisme que les Dragons disposaient des bataves 5-2… « Nous avons tenu le match défensivement, ce qui nous a permis d’obtenir des contre-attaques intéressantes pour obtenir la victoire. Reste maintenant à jouer les Italiens de Milan, une équipe qui risque d’être beaucoup plus difficile à négocier » résumait Denis Perez… Et l’emblématique défenseur rouennais ne croyait pas si bien dire… Dans une ambiance à l’italienne, les milanais, plus rapides, plus techniques, plus physiques dicteront leur loi aux Normands, désorganisés par la blessure de Claude Verret au second tiers touché au ligament gauche du genou… Battus 4-2 par le Saima Milan, les Normands n’en décroche pas moins leur qualification pour les demi-finales de cette Coupe d’Europe…
Un second tour apocalyptique disputé à Piestany en Tchécoslovaquie face à Djürgardens, Jihlava & Valerenga… « Ça sera très dur… mais l’objectif sera de gagner au moins un match » lançait pessimiste Jean Claude Ducable, le président du Rouen Hockey Club. Plus prosaïque, Larry Huras laissait entrevoir une étincelle d’espoir « tout se jouera en fonction de notre jeu défensif, si nous jouons comme à Milan nous auront notre chance » Et finalement le dernier mot ira à l’entraîneur canadien des Dragons… Larry avait vu juste… Après un début difficile et une défaite face à Oslo Valerenga 1-2, les rouennais serraient la défense et se débarrassaient des locaux tchèques, le Dukla Jihlava 6-5 et surtout des suédois de Djürgardens 3-2 après avoir tirer de l’arrière de deux buts. Rouen prenait la deuxième place du groupe et obtenait son billet pour la finale européenne… à Düsseldorf en Allemagne… « Nous venons d’entrer dans le groupe fermé des six meilleurs équipes européennes. Tout ceci paraissait impensable compte tenu des adversaires joués comme les suédois de Djürgardens, champion en titre. Nous avons crée l’exploit en éliminant les tchèques. Je ne mesure pas encore la portée de l’évènement. Ce n’est pas simplement le club mais toute la ville qui est fier d’être rouennais ce soir. Nous n’irons pas à Düsseldorf en touriste mais pour à nouveau jouer des exploits. Lorsque l’on a du cœur, du travail, on n’est capable de tout » s’enthousiasmait Jean-Claude Ducable….
« Nous devons donner le maximum, croire en nos chances… » Une invocation à la Larry Huras que les Dragons entendront pour leur retrouvaille avec Düsseldorf… 12 000 supporters allemands allaient assister à l’une des grosses sensations de ce tournoi… Grâce à un Petri Ylönen héroïque, les Dragons terminaient le premier tiers sur le score de 1-1 grâce à l’égalisation de Claude Verret suite à l’ouverture du score de Hegen… Un second tiers de feu des jaunes & noir ponctués de deux buts de Benoît Laporte pourtant incertain, permettra aux normands de regagner le vestiaire à la pause sur le score de 3-1 après avoir vendanger une double supériorité numérique qui vaudra son pesant d’or en fin de match… Tous les contes de fée ne se finissent pas en apothéose... et les Dragons en feront le difficile apprentissage. Alors qu’ils auraient du gérer leur avantage, les rouennais tentent d’emballer le match et se font piéger… 3 buts en trois minutes… Rouen plonge la tête sous la glace et ne s’en remettra pas… 2 buts plus tard, les Dragons s’inclinaient lourdement 6-3… « Nous sommes rentré dans le troisième tiers euphorique. Nous avons voulu jouer le K.O en oubliant de verrouiller derrière » résumait, amer Franck Saunier « Il faut oublier cette défaite sinon on en prend 18 demain » lançait laconiquement le franco-canadien Benoît Laporte…
Et Le lendemain, un tout autre adversaire, les Suisses de Berne, en l’occurrence est proposé aux Dragons privés de Franck Pajonkowski victime d’une charge illicite allemande… Après les fastes de la vieille, les Dragons tarderont à se mettre dans le match. Bien qu’encouragés par une centaine de supporters rouennais, les normands accuseront un retard de deux buts assez rapidement… Obligé de gagner pour espérer… Rouen réagira… Rouen marquera… Rouen égalisera… mais trop tard… La sortie du portier rouennais pour créer le surnombre et le tir à la dernière seconde de Guy Fournier dont on ne saura probablement jamais si il était victorieux ou non ne changeront rien à la donne… Le match nul 2-2 des « clochards français » souligné par Denis Perez en réaction au mépris suisse face aux petits français, condamne les Dragons à une cinquième place européenne inespérée en début de saison… en étant la seule équipe à avoir battu le vainqueur de la coupe des Clubs Champions Djurgärdens… Et de conclure malicieusement cette épopée européenne par Larry Huras « 5ème c’est pas mal… ça nous laisse une marge de progression pour l’année prochaine »
La découverte...
1990-1991
C’est tout auréolé de leur premier titre de champion de France acquis la saison précédente en deux manches face à Grenoble que les Dragons se voient proposer leur première Coupe d’Europe des Clubs Champions. Une compétition relevée qui jusqu’alors n’avaient pas encore souri aux équipes tricolores… En effet, seule l’équipe de Saint Gervais, en 1985-1986, avait réussi à tirer son épingle du jeu avec une finale disputée à Rosenheim en Allemagne… Tour à tour, Chamonix, Grenoble, Gap, Megève, Mont-blanc, Tours et les Français Volants se brisèrent les dents sur les mastodontes européens. Aux Dragons de relever le flambeau lors de cette saison 1990-1991…
Premiers adversaires et premières émotions pour les supporters rouennais qui accueillaient le premier tour de cette Coupe d’Europe des Clubs Champions dans l’ancienne patinoire des Dragons qui verra cette saison là son unique tournoi européen de son histoire… Un premier tour commencé tout en douceur face aux espagnols de Txuri Urdin San Sebastien pour une victoire des Normands 16-2… La suite de cette poule à 3 sera moins poétique… Coups bas, charges incorrectes, bagarres à répétition… Tout ce que le hockey compte de plus bas sera proposé par les hollandais de Rotterdam pour la finale de la poule rouennaise. Néanmoins, Rouen se sort de cette boucherie à la sauce batave en s’imposant 8-6 et se qualifie pour sa première participation européenne au second tour … Un rendez-vous en Allemagne à Düsseldorf, ville indissociable de l’épopée des Dragons sur le vieux continent que les Rouennais ne négocieront pas de la meilleure façon possible… Trop tendres, les dragons se feront piégés par Zagreb (5-3), TPS Turku (4-1) & surtout Düsseldorf (11-3)… Rouen corrigé, Rouen balayé mais Rouen loin d’être résigné... Les Dragons reviendront sur le sol allemand pour écrire ses plus belles pages européennes.